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Association Française de Pleine Conscience

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Méditation sur la vacuité (sunyata)

Parmi les sujets de méditation conseillés par le bouddhisme, on retrouve la méditation sur la vacuité (sunyata en sanscrit).

Que signifie « méditer sur la vacuité » ? Cette notion est assez complexe à appréhender.

Considérons un exemple qui  nous invite à réfléchir sur la vacuité du « moi ».

Posons-nous la question: Qui est ce « Moi » ? Peut-on le réduire à notre corps ? Non, car quand je perds un bras, je peux pourtant toujours parler du « Moi ». Donc le « Moi » n’est pas dans mon bras. En raisonnant de la même manière pour tous les membres, on constate que le « Moi » ne peut être réduit au corps physique. Pourtant, quand quelqu’un me pousse physiquement, cela me fait réagir : donc le « Moi » est tout de même également lié au corps, et pas uniquement à l’esprit. Le « Moi » est donc à la fois partout dans le corps sans être contenu précisément quelque part, et cette entité à laquelle nous nous identifions – le « Moi » – correspond donc en réalité à un « état » que nous figeons artificiellement à un instant donné et qui est constitué de notre corps dans son état actuel, de nos pensées actuelles etc.

Rien dans ce « Moi » n’est « figé », donc il n’y a rien de fixe auquel s’accrocher …

Pour aller encore dans ce sens, nous savons désormais que l’ensemble de nos cellules meurent et se renouvellent, de telle sorte que nos cellules corporelles les plus vieilles ont moins de 15 ans . Tous les 15 ans, nous avons donc un corps entièrement neuf (à l’exception de certains de nos neurones qui ont notre âge).

Ainsi chaque seconde, ce sont des milliers de cellules qui meurent et se renouvellent …

De la même manière nos pensées actuelles n’ont rien avoir avec les pensées que nous avions il y a ne serait-ce qu’un an ou même 1 semaine ou même 1 minute …

Pourquoi donc s’identifier de manière aussi forte à ce corps, à ces pensées, à ce « Moi »,  qui n’est jamais figé et qui est en permanente évolution et renouvellement ?

La science abonde dans ce sens. En effet la physique quantique nous prouve qu’à ces échelles infinitésimales, la matière n’est pas localisée à un endroit précis. Il y a simplement une probabilité non nulle qu’elle soit située à cet endroit … Par exemple, il est impossible de localiser précisément un électron autour du noyau de l’atome : il est partout et nulle part à la fois avec une probabilité différente d’être à chaque endroit ! Cette réalité déconcertante est pourtant « prouvée » scientifiquement …

Ainsi, rien n’est figé, ni même localisé à un endroit unique et précis, tout change en permanence … les phénomènes que nous observons n’ont pas d’existence propre, nous pouvons simplement avoir une perception instantanée de cette chaîne continue de processus interdépendants … et lui donner un nom si nous le souhaitons …

Bouddha parle de bulles à la surface de l’eau, qui apparaissent et disparaissent aussitôt pour décrire la nature « vide » des phénomènes …

C’est dans ce sens que ce « Moi » auquel nous faisons si souvent référence – en voulant le figer pour nous y identifier – est considéré comme fondamentalement « vide » par les bouddhistes, à l’échelle macroscopique comme à des échelles infinitésimales.

Cette prise de conscience doit nous aider à lâcher-prise, à nous « dés-identifier » de notre Ego et de ses petits tracas pour mieux accepter d’entrer dans la danse de ce ballet merveilleux auquel la vie nous convie à chaque instant.

Vivre en Pleine Conscience, ici ( ?) et maintenant.

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